Autre regsitre, autre oeuvre, Maus (Souris en allemand pour ceux qui ne maitriserez pas la langue de Goethe) de ART SPIEGELMANN

Récit à la fois très personnel et de devoir de mémoire, Maus nous conte sous la forme d'une bande dessinée en noir et blanc (rare pour une bande dessinée occidentale), le récit d'un survivant de la Shoah. 

La puissance d'un dessin très graphique au service d'une histoire incontournable. Ce n'est pas une énième histoire sur le généocide Juif, mais la traduction d'une époque que les survivants ont eu du mal à raconter, à transmettre notamment à leurs propres enfants. 

L'auteur nous invite ainsi à le suivre à travers une interview de son propre père, dans un cataclisme de souvenirs brûlants, aussi odieux que renversant dans un morceau de notre Histoire qui ne cesse de nous hanter. 

 

Les humains sont ici remplacés par des animaux : les juifs sont des souris, les nazi des chats et d'autres espèces suivent également pour chaque peuple en présence. 

Sous le regard acidue de la métaphore l'auteur s'exprime par des planches à dessins souvent très crues, toute l'ampleur de ce génocide. Le dessin noir et blanc favorise l'immerssions dans l'histoire avec une vigueur nouvelle, qui a d'ailleurs valu à son auteur le prix Pulitzer en 1992. 

Installez-vous confortablement, aujourd'hui je vous partage quelques-uns de mes livres coup de coeur : 

 

On commence dans la tendresse avec

Les beignets d'Oscar de Fauto Brizzi. 

 

Lucio déguste comme chaque matin un beignet à la boutique de son beau père, Oscar. Aujoud'hui sa femme vient de le mettre à la porte après avoir découvert son incartade avec une certaine Madame Moroni. 

Il fait aussi la connaissance d'un drôle d'ami : Fritz. Il s'en serrait bien passé, mais c'est avec lui qu'il va connaitre les cent plus beaux et mémorables jours de son existence. De ces jours qu'il va graver à jamais dans la mémoire de ceux qu'il aime. 

 

Le sujet est infiniement triste et bouleversant sous des apparences colorées, faite d'une palette de couleurs que l'auteur choisi avec délicatesse, poèsie et optimisme. 

 

Lucio fait parti de ces personnages que l'on croiserait bien dans la vrai vie pour partager avec lui sa fureur de vivre, son insatiable envie de gourmandises. Il n'a pourtant plus beaucoup de temps à vivre, mais il va faire des jours qu'il lui reste quelque chose d'utile, de constructif, de joyeux, d'émouvant, sans rien laisser au hasard. 

 

Les beignets d'Oscar sont la promesse d'une vie épanouie, faite de choses simples, de bonheurs à partager. L'auteur n'essaye pas de nous plonger dans un pathos larmoyant, bien au contraire il fait en sorte de nous accompagner avec joie et sagesse. 

A lire sans modération en dégustant un joli beignet. 

 

Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran

Eric-Emmanuel Schimitt sait toujours nous envoûter par sa poèsie simple et extraordinaire à la fois. Il y distile avant tout sa sagesse naturelle, qui nous fait passer par toutes les émotions entre le rire, les larmes, la joie, la nostalgie et l'amour. Monsieur Ibrahim et les Fleurs du Coran est un roman à la fois philosophique, un souvenir d'enfance et une formidable amitié faites de mots tendres, transgénérationels, et de compréhension. Deux êtres qui vont au-delà des apparences. 

 

Moïse a onze ans.  Il est juif. Garçon triste privé d'amour, loin d'une mère partie trop tôt, délaissé par un père distant, arrogant, qui le laisse livrer à lui-même. Son unique ami est l'épicier de la rue Bleue, Monsieur Ibrahim. Petit à petit cet homme devient son unique repère, son ancre dans un océan de vie à découvrir, à parcourir. Ils vont ensemble cheminer pour voyager vers une vision généreuse, bienvaillante de la vie. Momo se cherche, navigue en eaux troubles avec des origines qu'il ne connait pas, que son père refuse d'aborder, il s'ouvre à un univers avec toute son innocence et toute l'immaturité inérante à son âge. Monsieur Ibrahim corrige ses carences, l'accepte comme il est même s'il lui chaparde des boites de conserve régulièrement. Avec douceur et surtout un amour inconditionel, il fait entrer ce jeune garçon dans son existence comme un dernier chant du signe pour transmettre son savoir, son expérience, sa sagesse d'homme âgé et arrivé en fin de vie. 

Un bonheur vaste de lire ces lignes, de se retrouver auprès de Momo et Monsieur Ibrahim. D'une poèsie infinie, qui nous fait virvolter avec les mots, ce roman est une parenthèse à lire sous un ciel d'orage. 

 

L'Ilussion de Maxime Chattam. 

Un de mes auteurs français préféré. J'adore son écriture efficace, bien scisellée, exigeante, un mélange intelligent de fantastique et de thriller. 

Maxime Chattam sait manipuler le suspense, nous plonger dans la noiceur de l'âme humaine avec une maestria frissonnante. Il sait nous prendre aux tripes grâce à une ambiance mise en scène à l'aide de décors, de lieux qui deviennent des personnages à part entière. 

 

L'illusion nous conduit au coeur d'une station de ski fermée au moment de la saison estivale. Hugo intégre l'équipe du personnel de la station. Rapidement, il sent que quelque chose ne va pas. Il se déroule des événements étranges, qui mettent ses nerfs à vif, engage sa propre raison, qu'il croit défaillante jusqu'à en douter. Val Quarios va lui réserver des surprises. Au sein d'une montagne isolée, au sommet de routes tortueuses, difficiles d'accès, enfermant notre personnage dans une tension progressive, la station devient peu à peu le théatre de ses propres peurs, de cauchemars atroces... Jusqu'à un dénouement final vertigineux. 

Situé entre horreur, suspense, et fantastique, Maxime Chattam nous embarque dans une histoire aussi sombre que cette station abandonnée, aussi tortueuse que les monts qui l'entourent et aussi mystérieuse que ses habitants. Tout est fait pour nous conduire vers une fin inéluctable, avec son lot de questions, de découvertes macabres, avec notre héros ordinaire, qui pourrait être vous et moi. Hugo n 'est que le pantin empêtré dans cette histoire construite dans une illusion piégeuse et cruelle. 

C'est glaçant ! Maxime Chattam y met toute sa capacité à construire une intrigue noire, remplie de sadisme, sans pour autant faire dans le gore. Il suggère, il dissimule, nous fait douter pour mieux nous proposer ses réflexions autour de ce qu'est capable l'être humain dans ses desseins les plus profonds et sombres. 

L'homme étoilé, à la vie

Il s'appele Xavier, infirmier en soin palliatifs. Il contoît donc des patients en fin de vie, qui reçoive des soins pour les accompagner au mieux jusqu'à leur décès. 

Un introduction, qui ne donne pas forcément envie tant notre rapport à la mort est un mélange de crainte et de rejet. Mais ce livre graphique est un hymne à la vie. Xavier surnomé l'homme étoilé à cause de ses tatouages en forme d'étoiles sur les bras, nous partage son quotidien, son amour pour son travail et sa bonne humeur qui parait inébranlable. 

Un vent de fraicheur dans ce roman, où les bulles de dessins nous laissent entrevoir tout un tas de situations, de rencontres, de partages, d'échanges entre Xavier et les patients. Parfois drôles, tantôt émouvants, toujours avec pudeur et respect, Xavier nous fait voir à quel point son métier est indispensable, humain et terriblement passionnant. Les dessins sont simples, juste de petites touches de couleur, rien d'autre. Pour laisser place aux dialogues bien retranscris, qui résument juste ce qu'il faut, mais qui font vivre les personnages à jamais. 

Xavier est truculant, un sage avant l'âge, une personnalité tranquille, qui traite ses patients avec une bienveillance si rare. On a envie de se plonger avec lui dans une de ses journées, de le suivre pas à pas pour apprendre un peu de sa sagesse, de son humanité et pourquoi pas rencontrer certains de ses patients. 

La lettre qui allait changer le destin d'Harold Fry arriva le mardi... 

 

Un roman au titre original, qui offre une histoire à la fois toute simple, si riche en émotions, celle d'un homme qui décide de partir depuis chez lui pour réjoindre celle qui lui a écrit une lettre arrivée le mardi. 

 

Harold Fry, jeune retraité qui s'ennuie et déprime un peu avec une épouse, qui s'énerve au moindre mouvement qu'il fait, reçoit une curieuse lettre de Queenie, une amie perdue de vue depuis bien années. 

Elle lui écrit pour lui déclarer qu'elle va bientôt mourir. Soucieux de lui répondre, Harold écrit sa réponse qu'il part poster à la boite aux lettres la plus proche. 

Mais arrivée à son but, il réalise qu'il doit bien plus à Queenie et continue son chemin, qui va se métamorphoser en pélerinage aussi bien véritable qu'intérieur. 

Il part donc pour un périple de plus de mille kilomètres afin de rejoindre cette femme, dont on devine qu'elle lui a dissimulé un secret d'amour.

Entre humour, larmes, et introspection Harold Fry ne traverse pas seulement l'Angleterre, mais sa propre vie. Enfant malheureux entre un père alcoolique et une mère absente, il nous fait partager ses souvenirs avec sa femme, son fils, sa vie professionnelle, et bien sûr Queenie.

Une histoire mangifique, grave, tendre où chacun peut se reconnaitre.